L’apparition de centaines de baleines sur les plages de Nouvelle-Zélande est presque devenu une routine pour les habitants de l’île. Ce phénomène prend une ampleur considérable depuis quelques années sans pour autant que l’on en comprenne très bien les raisons.
L’année 2011 et le début 2012 marque un période noire pour la survie des baleines. Le 25 janvier 2012 les autorités néo-zélandaises découvraient un échouage massif d’une centaine de cétacés sur une plage au sud du pays.
Nouvelle Zélande, cimetière des baleines
Malgré la ténacité et l’engagement des volontaires et des services de protection de l’environnement, une grande partie des baleines globicéphales échouées sont mortes déshydratées et prisonnières du sable. Quelques-unes ont pu bénéficier d’une importante marée de pleine lune. Mais cette catastrophe, loin d’être une nouveauté, fait suite à 2 autres survenues en 2011.
Fin novembre, 65 cétacés s’étaient échoués sur la même plage, sans qu’aucun n’ait pu être sauvé. En janvier 2011, c’est 107 baleines qui s’étaient échouées à l’extrême sud du pays. Celles retrouvées vivantes avaient dû être euthanasiées, car jugées trop faibles pour survivre. Là encore, aucune n’avait survécu. De manière générale, il est quasiment impossible de sauver les mammifères marins échoués qui meurent de déshydratation, d’asphyxie, étouffés par leur poids ou bien noyés lors du retour de la marée.
Mais, alors que ce phénomène est bien connu en ce qui concerne les baleines, il commence à toucher de plus en plus d’animaux marins. En mai 2008 une centaine de dauphins d’électre s’étaient échoués sur les plages de Madagascar, sans parler des 20 tonnes de harengs retrouvés échoués, le 31 décembre 2011, sur une plage de Norvège. Ce tapis de poisson reste, aujourd’hui encore, un mystère. L’Institut océanographique de la Norvège, sous le choc de la découverte, n’a pas encore trouvé d’explication scientifiques à ce phénomène insolite.
Animaux en perdition !
Si on ne connaît pas exactement les raisons de l’échouage massif, les scientifiques semblent d’accord sur le fait qu’une perturbation du système sensoriel des animaux soit en cause. La pollution sonore des océans, qu’il s’agisse des bruits violents (exercices militaires, explosions utilisées pour les sondages), ou des bruits plus sourd (sonars), entraîne une interaction négative avec le système d’écholocation des animaux.
Ces derniers, affectés dans leurs déplacements, peuvent donc se perdre et foncer sur la côte en croyant la longer. Ceci expliquerait aussi la découverte de baleines dans endroits complètement inattendus tels que la Tamise en 2006 ou encore dans l’Amazone en 2007.
Pour étudier la question, les scientifiques de l’Université polytechnique de Catalogne ont créé un système portable, permettant d’évaluer dans l’eau la perte auditive des cétacés et comprendre si, oui ou non, les bruits sont à l’origine des échouages. D’autres équipes se penchent sur les moyens de réduire la pollution sonore en mer.
Toutefois, d’autres causes peuvent être avancées, telles que l’état d’épuisement des animaux dû à des conditions météorologiques exceptionnelles, des épidémies relatives à des intoxications naturelles (maladies diverses comme le Morbilivirus qui a touché les dauphins de la Méditerranée dans les années 1990) ou humaines.
Quoi qu’il en soit, reste à espérer que la solution sera rapidement trouvée, afin d’éviter que les mammifères marins ne soient pas plus nombreux sur les plages que dans les océans.
Laurie Mathy