Ma position est qu’il faut que nous tenions cet engagement et le premier ministre a eu raison d’annoncer qu’en 2013 nous engagerions cette réforme. A force de tergiverser, on la remettrait une nouvelle fois au placard. Sur des marqueurs aussi importants de la gauche, nous ne pouvons reculer. Il faut prendre le sujet à bras le corps, faire le travail de pédagogie, de conviction pour convaincre les Français que le droit de vote est un élément d’intégration. La France s’en portera mieux de voir la citoyenneté locale renforcée.
Rencontre avec Benoît Hamon, ministre français de l’économie sociale et solidaire
Le droit de vote des étrangers aux élections locales doit-il être une priorité du gouvernement ?
Au risque d’aller jusqu’à un référendum ? Un sondage hier prétendait qu’une majorité de Français y sont opposés…
Je préfère que l’on passe par le Parlement mais il faut s’engager dès maintenant dans cette réforme. Le droit de vote des étrangers en France, c’est bon pour la France.
Vous intervenez cet après midi à Convergences 2015, le Forum mondial dédié aux Objectifs du millénaire. Quelles sont vos priorités comme ministre de l’économie sociale et solidaire ?
La question est de savoir si l’économie sociale et solidaire (ESS) a atteint un plafond indépassable ou si l’on peut lui faire franchir un pallier supplémentaire par de nouveaux moyens politiques. De nouveaux instruments de financement de l’économie sociale et solidaire sont en préparation : 500 millions d’euros de la Banque Publique d’Investissement seront affectés au secteur ainsi que les emplois d’avenir qui profiteront aux petites structures comme aux plus grandes coopératives et mutuelles. Je prépare aussi une grande loi cadre de reconnaissance de l’économie sociale et solidaire pour le printemps 2013 qui donnera des instruments juridiques et financiers nouveaux. Pour la première fois en France, nous aurons une vraie politique publique de l’économie sociale et solidaire.
Vous croyez à l’économie positive, si je reprends les termes de Jacques Attali et Arnaud Ventura ?
je suis heureux que de grands groupes créent des fondations et s’attachent à améliorer leurs externalités liées à leurs modes de production et à leurs activités économiques. Mais attention à ne pas faire que du social business. Je ne confonds pas le vernis vert que l’on peut mettre sur une grande multinationale avec les principes de gouvernance démocratique, de partage du pouvoir, d’échelle des rémunérations, d’utilité sociale, de faible lucrativité qui sont les principes de l’économie sociale et solidaire.
propos recueillis par Michel Taube