A ciel ouvert
16H14 - mercredi 19 février 2025

L’aéroport de Mayotte retrouve son rythme d’avant Chido. La chronique de Magali Rebeaud

 

Deux mois après le passage du cyclone tropical Chido qui balayait Mayotte et détruisait entre autres son aéroport, le trafic aérien civil est totalement rétabli et les militaires sont rentrés en métropole.

Si l’aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi n’a pas encore retrouvé son visage d’il y a quelques mois, l’activité aérienne civile a totalement repris. Les compagnies aériennes Air Austral, Kenya Airways, Ewa Air, Air Corsica et Amelia ont rétabli leurs liaisons régulières, notamment vers Paris, La Réunion, Nairobi et d’autres destinations régionales.

« Je suis arrivé le 28 décembre et j’en suis reparti le 28 janvier. Un mois durant lequel nous gérions le pont aérien mis en place afin d’acheminer l’aide humanitaire. Il s’agissait en effet de l’outil le plus rapide et le plus adaptable pour répondre à l’urgence et pour déployer du matériel, des vivres et de l’eau à 8000 km de la métropole. Cette initiative a permis de maintenir une liaison vitale pour la population mahoraise », témoigne le Lieutenant-colonel Christophe, chef du détachement Air à Mayotte au moment fort de la crise humanitaire.

L’aérogare et la tour de contrôle ayant été totalement anéantis, l’armée de l’Air et de l’Espace avait rapidement déployé une vigie mobile, une sorte de tour de contrôle sur roues s’élevant de quelques mètres. Un « sauve qui peut » indispensable pour la gestion des vols (voir notre article à ce sujet publié dans nos colonnes).

 

La fin du pont aérien

« Depuis fin janvier, nous sommes repassés en mode hors-crise. L’acheminement de fret par bateau est de nouveau privilégié. Il a donc été décidé d’arrêter le pont aérien fin janvier », explique le Lieutenant-colonel.

Qui dit fin du pont aérien, dit fin de la mission du détachement Air et donc retour à la métropole pour le Lieutenant-colonel et son équipe de contrôleurs aériens et de techniciens. Seuls trois militaires poursuivent actuellement leur mission sur le site, afin d’assurer le soutien technique du matériel militaire, en l’occurrence de la vigie mobile, toujours indispensable au contrôle aérien.

Le contrôle aérien assuré au moment de la crise par une équipe mixte composée de contrôleurs civils et militaires est donc de nouveau géré par les agents de l’aéroport Marcel Henry.

La tour mobile devrait rester en fonction jusqu’à fin juin, voire fin septembre, le temps pour la DSNA (direction des services de la navigation aérienne) de reconstruire une tour de contrôle. Celle-ci sera modulaire, c’est-à-dire mise en place avec des Algeco.

« Quoiqu’il en soit, notre vigie sera fonctionnelle ici jusqu’à ce que les civils aient de nouveau leur propre structure, pour qu’il n’y ait absolument aucune rupture de services », poursuit le Lieutenant-colonel Christophe, qui a retrouvé ses fonctions de Commandant de l’ARCC (Aeronautical Rescue Coordination Center) sur la base aérienne de Lyon-Mont Verdun, une unité en charge de la coordination, de la recherche et du sauvetage en cas d’accident aérien en métropole (une mission de service public, au profit de l’aviation générale, dont le numéro d’urgence est le 191).

Sur le tarmac de l’aéroport mahorais et aux alentours, bien que la situation se soit améliorée, les traces laissées par le cyclone sont encore bien visibles. Les travaux de reconstruction sont en cours pour restaurer les infrastructures. Mais près de deux kilomètres de clôture doivent encore être ré-installés autour de l’aéroport, pour garantir la sécurité.

 

Loi d’urgence pour la reconstruction

De son côté, réunie lundi 10 février 2025, la commission mixte paritaire s’est accordée sur la version finale du projet de loi d’urgence pour la reconstruction de l’archipel de Mayotte. Les conclusions de la commission ont ensuite été adoptées par l’Assemblée nationale, mercredi 12 février, puis définitivement par le Sénat, jeudi 13 février. Cette loi permettra d’accélérer la reconstruction de l’île et de soutenir les Mahorais face à la crise. Le coût des destructions s’établirait entre 3 et 3,5 Md€, selon les premières estimations.

 

 

Magali Rebeaud, 
journaliste spécialisée Aéronautique, Spatial et Tourisme