Edito
20H56 - lundi 31 mars 2025

Le Pen inéligible : un tsunami qui risque d’emporter la justice ! L’édito de Michel Taube

 

Le Pen ne sera-t-elle jamais présidente de la République française ? La perspective semble s’éloigner ou pourrait se précipiter. Le bal des surprises en vue de 2027 ne fait que commencer.

 

Nul n’est au-dessus des lois mais un gouvernement des juges, sous prétexte d’appliquer le droit à la lettre, bafoue l’esprit des lois et menace la démocratie. Certaines décisions de justice sont si déroutantes que même les plus fervents démocrates en viennent à fustiger l’État de droit. Un abus de langage, sans doute, car l’opposé de l’État de droit, c’est le régime autoritaire, la dictature, en somme, ce que seraient l’État LFI et son sultan Mélenchon.

 

Ce n’est pas l’État de droit, mais l’État des juges qui nous menace. Cette corporation donne trop souvent le sentiment de se croire investie d’un droit absolu, quasi divin, comme celui de décider à la place du citoyen ce qui est bon ou mauvais pour lui, et celui de choisir à la place de l’électeur qui est autorisé à solliciter la confiance du peuple lors de l’élection à la présidence de République.

 

Nicolas Sarkozy a eu la mauvaise idée de se mettre à dos la corporation des juges. Elle n’en finit pas de le lui faire payer, quitte à mobiliser des moyens dont on se demande si la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic en bénéficie d’équivalents. Cette justice ne cherche pas la vérité. Elle exprime sa vérité. Elle fait de la politique, un droit que la Constitution ne lui confère pas.

 

Avec une peine contre Marine Le Pen d’inéligibilité de cinq ans, avec exécution immédiate, et une peine d’emprisonnement de quatre ans dont deux fermes mais aménagés sous bracelet électronique, c’est comme si nous revivions l’époque où la justice avait en un temps record mis en examen François Fillon, anéantissant ses ambitions présidentielles. François Fillon n’était sans doute pas un enfant de chœur. Qui l’est ? Mais comment ne pas être interloqué par la subite célérité de la justice en pleine campagne électorale pour lui régler son compte. Exit Fillon, exit Sarkozy.

 

Et maintenant exit Marine Le Pen, qui avait de sérieuses chances d’entrer à l’Élysée après l’ère Macron. Les agissements du RN au Parlement européen méritaient peut-être quelques sanctions. Ou pas. Car même si la Cour d’appel devait en décider autrement, le mal est fait, et il est irrévocable du fait de l’exécution provisoire ordonnée par le tribunal correctionnel.

 

Mais si faute il devait y avoir, elle serait infiniment moins grave que la collaboration de l’extrême gauche avec le fondamentalisme islamique, son antisémitisme de plus en plus ostentatoire, jusqu’à être représenté au Parlement européen par Rima Hassan, porte-voix du Hamas. Sa présence dans cette enceinte est une souillure de nos valeurs et des institutions de l’Union européenne. Elle est bien plus honteuse et scandaleuse que toutes les petites et même grandes combines de n’importe quelle mouvance politique pour se chercher quelques financements occultes. Et pourtant, cette trahison essentielle reste impunie.

 

Non satisfaite d’écarter Marine Le Pen de la vie politique, du moins de la course à l’Élysée, les juges ont décapité une partie de la direction du RN. Espérant enfoncer les derniers clous sur le cercueil du parti, ils ont pimenté leur sentence de lourdes sanctions financières. Le message est analogue à celui déjà entonné dans les affaires Sarkozy et Fillon : « Touche pas aux juges, ou t’es mort ! »

 

Cette décision, qui fait aussi suite à la fermeture de la chaîne C8 par l’ARCOM, honteusement confirmée par le Conseil d’État, est une goutte de plus dans un vase qui est sur le point de déborder. Une très grosse goutte. C’est même un vrai tsunami politique, car c’est la favorite de la prochaine présidentielle qui a été écartée sciemment, alors que le droit permettait de la sanctionner sans interférer de manière si brutale et en définitive illégitime dans la vie politique.

 

Non, ce qui est légal n’est pas forcément légitime. Il est urgent que les juges disent le droit sans le faire, quitte à modifier la Constitution, sans doute par voie de référendum. Mais le Conseil constitutionnel est même capable de considérer qu’un tel référendum serait inconstitutionnel ! On devrait donc continuer à accepter que les juges puissent choisir leurs candidats à la présentielle, ou qu’en vertu d’une Convention européenne des droits de l’homme, dont il est urgent d’expurger certains articles devenus obsolètes si l’on veut sauver ce bel outil de libertés, on ne puisse expulser des islamistes étrangers au motif qu’ils ont des enfants ou qu’ils se sont mariés à blanc.

 

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis devrait faire réfléchir la bien-pensance moralisatrice et wokiste qui s’est incrustée au sein de la justice, comme de nombreuses autres institutions publiques et privées.

 

Une chance de plus pour Bardella… ou Retailleau ?

 

Évidemment, les cadres du RN, Jordan Bardella en tête, pleurent dans les chaumières médiatiques et apportent leur entier soutien à la leader empêchée. Pétition, mobilisation populaire et pacifique… Mais soyons réalistes : la nouvelle donne est une opportunité de tourner la page Le Pen, quand bien même la fille ne serait pas le père. Le FN devenu RN a jusqu’alors été ce parti clanique, cette famille aux sens propre et figuré. On peut débattre éternellement sur la sincérité de l’engagement du RN contre l’antisémitisme et au-delà sur la réalité de sa mue républicaine. Au pire, mieux vaut les héritiers des collabos d’hier à ceux d’aujourd’hui, la bande à Mélenchon.

 

Reste la mue économique qui conditionne la crédibilité du Rassemblement national. Marine Le Pen ne s’est jamais défaite de ses lubies populistes, partageant avec la gauche et l’extrême gauche une vision simpliste : « Tondons les riches ! » Âge de la retraite, fiscalité, le RN façon Marine est plus rose, voire rouge que bleu. Jordan Bardella serait plutôt sur une ligne plus libérale, plus proche de celle d’Éric Zemmour et surtout des Républicains. Le RN saura-t-il abandonner son programme socialiste national ?

 

Marine Le Pen écartée, l’horizon s’élargit pour Bruno Retailleau, donné de plus en plus comme le véritable successeur de la ligne régalienne qu’incarnait pendant des années l’extrême droite. Eric Ciotti reviendra-t-il au bercail pour assurer le retour de la droite républicaine au pouvoir ?

 

Aujourd’hui cependant, une France profonde est en colère.

 

Et l’on peut aussi craindre que ce coup de Trafalgar des juges, en éliminant Marine Le Pen, mette le RN en position de force, plus qu’il ne l’a jamais été, car des millions Français se sentent floués. Certes, leur comportement mérite une réaction (« les vilains réacs, n’est-ce pas, tous fachos »). Mais la perspective de voir le RN seul au pouvoir, à l’Élysée et avec une majorité absolue à l’Assemblée nationale, peut encore inquiéter nombre d’électeurs. Le super nouveau Front populaire ne manquerait pas de se reconstituer en cas de second tour Bardella – Mélenchon. Reste à savoir si les Français le goberont.

 

Justice

 

En s’immisçant plus que jamais dans la vie politique, les juges ont démontré combien il est urgent de les remettre à leur juste place, celle voulue par le Général de Gaulle, inspiré par Montesquieu notamment, en fondant la Vème République : la justice est une « autorité » et non un « pouvoir ». Aujourd’hui, une majorité de Français n’ont pas confiance en leur justice, et contrairement à ce que prétend la magistrature, cette dernière en est largement responsable. Cette défiance, que la condamnation de Marine Le Pen ne peut qu’aggraver, est malsaine et dangereuse. Le successeur d’Emmanuel Macron devra rétablir la confiance du peuple en sa justice, ce qui impose des décisions courageuses et radicales.

 

Car c’est un autre tsunami que la mise à mort politique de Marine Le Pen a peut-être déclenché : la fin de la Vème République, détournée de ses valeurs fondatrices par un État des juges que seuls un référendum et une nouvelle Constitution sauront dompter.

 

Michel Taube

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