Edito
17H45 - mardi 1 avril 2025

Cœur de Lions. la chronique de Gilles Verdez

 

L’équipe de football du Sénégal a battu le Togo (2-0) mardi 25 mars et s’est totalement relancée dans la course à la qualification pour le Mondial 2026. Les choix forts du sélectionneur ont payé.

 

Les Lions se rebiffent. Entreprenants, appliqués, motivés, les Sénégalais ont officialisé dans leur tanière du stade Abdoulaye Wade de Diamniadio l’acte 1 de leur rébellion. La qualification pour la Coupe du monde 2026 ne leur tend pas encore les bras, mais elle commence à se rapprocher grâce à la victoire face au Togo (2-0). Les voilà deuxièmes du groupe B de la zone Afrique après la sixième journée, avec douze points, derrière la RD Congo (treize points après son succès 2-0 face à la Mauritanie) et au même niveau que le Soudan, accroché par le Soudan du Sud (1-1). Les Lions devancent les Soudanais à la différence de buts et attendent désormais les chocs du moins de septembre avec impatience et sérénité. Pour s’étalonner, ils disputeront des rencontres amicales en juin, notamment face à l’Angleterre.

 

Le long tour d’honneur accompli après la victoire, pour saluer les supporters dans l’écrin éblouissant érigé à quelques kilomètres de Dakar, prouve l’importance de cette soirée. Les joueurs tombent dans les bras l’un de l’autre, le sélectionneur libère plusieurs jours de tension en étreignant Sadio Mané. Edouard Mendy partage sa joie avec les fans en fusion, Pape Matar Sarr s’agenouille, symbole d’une réelle communion. Heureux, Krépin Diatta repense sans doute à ses gestes techniques somptueux alors que Kalidou Koulibaly contemple un stade -moyennement garni en cette période de ramadan- prompt à replonger dans l’amour de ses Lions. Lamine Diatta, le « team manager » peut être fier du travail accompli, lui qui couve les joueurs éparpillés dans différents championnats. Et le visage radieux de l’ancien attaquant vedette El-Hadji Diouf, qui a tenu à saluer sportivement chaque joueur togolais, illustre le soulagement des Lions.

 

Après un timide nul (0-0) face au Soudan quelques jours plus tôt, les joueurs de Pape Thiaw devaient en effet absolument vaincre les Togolais. Le sélectionneur a modifié en conséquence son onze de départ, pour donner du dynamisme à sa formation. L’architecture de son milieu de terrain a été repensée, ainsi que sa structure offensive. Il a donc aligné d’entrée, pour déséquilibrer le Togo et générer de la créativité, le jeune Assane Diao, un peu frileux en début de match mais insaisissable après la pause du haut de ses dix-neuf ans, à tel point que les Togolais ont multiplié les fautes sur lui. Entré en jeu face au Soudan, il a cette fois été promu titulaire et a fêté avec brio son intronisation. Sur le flanc droit, il a affiché une détermination sans faille et ses dribbles chaloupés lui offrent de belles perspectives, tout comme sa capacité d’accélération.

 

Certes, tout n’a pas été parfait. Il manque de la fluidité dans les enchaînements et l’agressivité varie selon les moments du match. Parfois malmené, le Sénégal s’en est remis à Edouard Mendy, sollicité par Yaw Annor (15e minute, puis 28e). Mais il a su trouver la faille lorsque Habib Diallo, Monsieur pressing, a servi Pape Mattar Sarr qui a ouvert le score grâce à un plat du pied parfaitement ajusté (34e). 

 

« Cette fois, nous n’avons pas manqué de réalisme, se félicite Pape Thiaw. Je félicite les joueurs, car il nous fallait absolument les trois points. » Il reconnaît la valeur de la formation togolaise, jamais résignée, mais assure que « la victoire est totalement méritée ». Impossible de le contredire, d’autant qu’un but gag a donné plus d’ampleur au score. Sur un coup-franc de Lamine Camara, Kevin Boma a marqué contre son camp (68e). Les Lions ont alors fait tourner, pour impliquer un maximum de joueurs. Une soirée réussie, donc, malgré quelques incidents à la mi-temps lorsque les forces de l’ordre ont dû utiliser des lacrymogènes face à de nombreux fans voulant entrer coûte que coûte. La rançon du succès des Lions, sans doute.

.

Au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio,

Gilles Verdez,

Journaliste et Chroniqueur

Raminagrobis et le canard. Les Fables du Roy n°11

À Paris, le camp du bien défile, Drapé dans sa morale. L’anti-racisme a son chef de fil, Le grippe-fromage Mélenchon nous fait son festival. Ce greffier querelleur a quelques amis choisis, Dont…